Organiser un tournoi de Quidditch c’est tout un sport !

La coupe du Monde approche, et Paris Phénix Quidditch -seule équipe d’Europe a avoir réuni assez de fonds pour faire le voyage jusqu’en Floride- se prépare. Outre-Atlantique les organisateurs de la World Cup ont eux aussi fort à faire car un tournoi de cette envergure ça se prépare !

Pour cet article j’ai décidé de changer de point de vue et de m’intéresser à l’organisation d’un tournoi.

Il faut dire que je sais de quoi je parle puisque j’ai commencé quelques recherches sur le sujet pour une autre association dont je fais partie et qui aimerait bien en organiser un. Mais je n’aurais rien pu faire sans la participation d’Ingrid (principale organisatrice des deux derniers tournois ayant eu lieu en France) qui a accepté de répondre à mes questions.


Le problème majeur auquel je me suis heurtée quand j’ai proposé à mon entourage d’organiser un petit tournoi pourrait se résumer en une phrase : « Mais où tu vas trouver l’argent ? ». C’est vrai qu’un tournoi de football ou de basketball c’est vendeur. Même qu’on pourrait gagner un peu d’argent avec le bar ou la tombola ! Un tournoi de quidditch par contre … on voit mal qui ça pourrait intéresser.

Et pourtant, sur le site d’Anthena Quidditch on peut voir une bannière « Leclerc Sport Loisir » : c’est la preuve que oui, le quidditch c’est un vrai sport et oui, il peut intéresser les professionnels. Ingrid raconte :

« Il est très difficile d’obtenir des sponsors et de pouvoir crédibiliser la discipline en tant que sport. Il faut avoir un bon dossier de sponsoring, présenter le jeu avant tout sans faire de références au livre.

J’ai eu de la chance d’avoir été tout de suite écoutée et comprise dans notre démarche de découverte sportive. Les rencontres avec les sponsors sont très importantes et ils sont toujours à la recherche d’innovation et le quidditch entre parfaitement dans ce cadre. » Ingrid.

Mais ce n’est pas tout d’avoir de l’argent ! Après quelques semaines de travail acharné j’ai enfin réussi à boucler mon budget prévisionnel pour le tournoi, et je me suis attaquée à la recherche d’un stade qui pourrait tous nous accueillir. Voici une liste des excuses sympa qu’on m’a données :

  • « Le club de foot l’utilise tous les week end, toute l’année. »
  • « On ne prête nos équipements qu’aux associations de la commune. »
  • « Le stade est déjà réservé pour toute l’année 2013. »

Et encore, parfois les refus n’étaient accompagnés d’aucune explication. Heureusement, j’ai l’avantage d’habiter près de Nantes où il y des stades et des terrains libres d’accès : c’est l’avantage des grandes villes ! Il me reste encore à rédiger une lettre pour le maire de la ville, donc rien n’est joué, mais au moins la personne que j’ai rencontrée ne m’a pas tout de suite éjecté de son bureau !

Du coup je pensais qu’il était vraiment difficile d’organiser quelque chose dans une petite ville comme Lesparre, mais quand j’ai demandé à Ingrid si elle avait pu obtenir le merveilleux stade de Lesparre facilement, j’ai été surprise de voir à quel point la réaction de la mairie avait été différente de celles à qui je m’étais adressée.

« Nous avons eu la chance de pouvoir utiliser des terrains de qualité. D’ailleurs tout le mérite en revient au gardien du stade qui font un travail quotidien de qualité. Les installations sportives mises à disposition des associations sont d’une qualité exceptionnelle pour une ville de l’importance de Lesparre.

Être dans une petite ville a ses avantages car la mairie met à disposition ses infrastructures sportives gratuitement.
Elle a pour objectif premier de promouvoir les disciplines sportives et nous avons été soutenus dans ce sens en pouvant bénéficier aussi bien pour les entrainements que pour les tournois de ces terrains.
» Ingrid.

Enfin. Je ne perds pas espoir ! D’autant plus qu’une fois que les problèmes de logistiques seront réglés, il faudra s’occuper du tournoi en lui-même ce qui promet encore de belles prises de tête.

A Lesparre Ingrid faisait à la fois partie de l’organisation et de l’équipe locale ce qui l’amenait à courir sur tous les fronts. Elle insiste sur la nécessité de bien répartir les tâche entre les différents acteurs du tournoi (bénévoles, capitaine, joueurs, IQA, …) dès le début.

Visiblement le jeu en vaut la chandelle car, quand je demande à Ingrid si elle compte retenter l’expérience elle est plus qu’enthousiaste :

« Ce fut une expérience incroyable que je recommande à tout le monde, le résultat après tant de mois de travail est absolument à la hauteur de l’attente. Les émotions, la convivialité, le partage et la rencontre avec d’autres sportifs sont très enrichissants.

Je conseille à tous ceux qui souhaite organiser un tournoi de le faire, c’est un moment magique malgré les difficultés.
Nous espérons refaire un tournoi. Pour le moment, nous nous entrainons et essayons de programmer des matchs de déplacement aussi bien en France qu’à l’étranger.

Nous souhaitons pouvoir profiter à fond de l’expérience d’être hôte. Nous sommes prêt pour recommencer de toute façon. » Ingrid.

Ça tombe bien moi je suis prête à y retourner, à Lesparre, parce que mine de rien c’était vraiment cool !

Je souhaite bien du courage aux organisateurs de la WCVI et encore bonne chance aux Phénix qui ont le soutien de toute l’Europe (sans vouloir leur mettre la pression bien sûr). Pour ma part je vais continuer les démarches pour que mon association puisse organiser ce tournoi … en espérant vous annoncer une date prochainement !

Bon mardi à tous !