Récap du tournoi de la Violette

Par Abby Whiteley
Après des mois et des mois d’une organisation complexe, qui s’est déroulée en trois langues différentes et sur six pays différents, on a pu voir 17 équipes se rassembler pour le tournoi de la Violette le week-end des 24 et 25 janvier. Les températures qui sont descendues en dessous de zéro et la boue gelée n’ont pas suffit à réduire l’enthousiasme des centaines de joueurs présents, et on a pu assister à du très beau quidditch tout au long du week-end, jusqu’à ce que le soleil finisse par pointer le bout de son nez, à la fin du deuxième jour. Le tournoi ne s’est pas déroulé sans encombres ni sans blessures, mais c’était un excellent week-end, tant pour les équipes expérimentées que pour les jeunes équipes ; et j’espère que ces équipes qui faisaient leurs premiers pas dans le monde de la compétition ont apprécié le moment autant que les équipes vétérans. Il y a tant à dire des équipes qui se sont rendues à ce tournoi, et même s’il n’y a eu que très peu de vraies surprises, certains équipes jusqu’ici inconnues se sont montrées bien plus fortes que ce à quoi l’on s’attendait et on a pu constater de nets progrès auprès d’équipes bien établies, qui méritent d’être mentionnés.

Les finalistes

Titans Paris : première place
Après une décevante seconde place lors de la Coupe de France certains, moi inclus, pensaient que les Titans étaient peut-être en train de perdre de leur superbe. Cela ne pouvait pas être plus éloigné de la vérité. Les Titans, en remportant la finale sur le score de 210*-50 contre les Mighty and Amazing Quercs, ont prouvé qu’ils étaient des candidats légitimes à la première place de l’EQC. La finale de la Coupe de France s’est jouée au vif d’or, les Paris Frog ne sont donc pas certains de battre à nouveau leurs rivaux. Et les Titans ont montré une force incroyable que seule une poignée d’équipes Européennes peuvent concurrencer. Ils ont un meneur exceptionnel, le gardien Albert Bregeault, qui avec sa taille et sa rapidité représente à lui seul une menace pour la majorité des poursuiveurs et gardiens. Il est en plus assisté par une terrifiante équipe de poursuiveurs comprenant le capitaine Valentin Farese, Denis Plog, Mourad « Tarzan » Ghazi et Arnaud de Cintaz. Les batteurs des Titans ne sont pas aussi forts, et c’est peut-être ici que se situe leur talon d’Achille, mais ils posent tout de même de sérieux problèmes à la plupart des équipes. Les joueuses des Titans sont sous utilisées et je pense qu’ils auraient une équipe irréprochable s’ils osaient mieux exploiter leurs joueuses.
The Mighty and Amazing Quercs : deuxième place
Les attentes étaient grandes, concernant les Quercs. Tous ceux qui les avaient déjà vu en action doutaient que leur effectif réduit serait un problème pour des joueurs si expérimentés et en si grande forme, et ils ont prouvé à de nombreuses reprises durant le tournoi qu’ils ont su relever ce défi. Bien que le match contre les Norwegian Ridgebacks fut très disputé, les Quercs passèrent la phase de poule sans aucun problème, ayant régulièrement plus de 100 points d’avance à l’entrée du Vif d’Or ce qui leur a permis d’être plus serein pendant la phase d’attrapage. Les Quercs bénéficient de poursuiveurs extrêmement rapides, particulièrement d’Alice Faux-Nightingale et de Fraser Posford, ainsi que de Jade Saunders, toujours bien positionnée derrière les anneaux. Ils peuvent aussi compter sur le travail tant agressif qu’ingénieux des batteurs Luke Twist et Jan Mikolajczak. Leur défense était dirigée avec efficacité par les gardiens Tom Heynes et David Goswell ce qui explique le faible nombre de buts encaissés durant les phases finales.
Malheureusement, comme le montre le score final, les Quercs se sont effondrés face aux Paris Titans. Fatigué et affrontant une équipe avec une rotation incroyable, le règne de terreur des Quercs s’acheva impitoyablement, mais ils n’ont cependant pas démérité. Les Titans, préférant une défense de zone plutôt qu’une défense individuelle, étaient constamment sous pression dans leur zone de gardien et ont dû s’adapter au jeu des Quercs, de ce fait nous avons assisté à d’excellentes tentatives qui n’ont malheureusement pas abouti sur des points.
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Les Demi-finalistes
METU Dragons : troisième place
Il était certain que l’équipe turque serait très observée pendant le tournoi, mais je pense que peu de monde s’attendait à les voir faire une telle impression, et ils n’avaient pas souvent été donné favoris pour monter sur le podium. Les METU Dragons, équipe mercenaire composée de deux équipes indépendantes de la Middle Eastern Technical University, ont vraiment réussi une belle performance et tout le monde a hâte de les voir au championnat européen, s’ils s’y rendent. Leur attaque était forte et nette, leurs gardiens se montrant particulièrement doués pour trouver le bon moment pour lancer l’attaque. Ils ont eu tendance à miser sur des passes longues, en particulier derrière les anneaux, et sur des percées lancés à toute vitesse, plutôt que de faire des petites passes ou de serpenter entre les joueurs. Leur abondance en joueurs de grand gabarit leur a bien servi en défense, dans la mesure où les plaquages leur assuraient une seconde chance quand les batteurs ne suffisaient pas. L’élément principal qui leur faisait défaut, mis à part un jeu plus resserré au niveau du souafle, est au niveau de leur batteurs ; Ekin Berkyürek s’est démarqué parce que sa force est d’accompagner les poursuiveurs, alors que les autres batteurs turcs ont généralement joué la carte d’un jeu intense de batteur contre batteur. S’ils viennent à l’EQC, ils devraient plutôt bien se classer (je m’attends à les voir arriver en quart de finale au moins) mais ils devront être plus habile pour représenter une vraie menace contre les équipes favorites.
Crookshanks Lyon : quatrième place
Il doit être noté qu’en raison du départ de certains joueurs de Lyon, et d’une politique laxiste en matière de mercenaires, il y a eu des différences entre l’équipe qui a joué la demi-finale et celle qui a joué la petite finale. Cela s’est notamment vu dans les phases de jeu ; tandis que l’équipe de Lyon au complet a tenu les Titans à portée de vif pendant la majorité de leur match, offrant un défi légitime aux qualités physiques des poursuiveurs des Titans, c’est une équipe clairement plus décousue que nous avons retrouvée dans leur dernier match, avec des mercenaires qui ont eu du mal à travailler de manière appropriée avec le reste de l’équipe. Ce qui était une ligne de poursuiveurs cohésive et sûre est devenue confuse avec l’inclusion du joueur des Paris Frog K-Boux Juji-Gatame – non parce que ceci était le reflet des capacités du joueur lui même, qui est un gardien très compétent, mais parce que son style de jeu ne correspondait pas à celui de Lyon. La pierre angulaire du jeu des batteurs était Renaud Mortier, un batteur intelligent qui a semé le chaos dans les rangs batteurs adverse avec l’énergie et la férocité qu’il mettait dans ses tentatives de récupérer des cognards, et il était soutenu par des batteuses fiables qui restaient généralement proches de la surface du gardien. Les poursuiveurs étaient fréquemment capables de rivaliser avec l’attaque des Titans, conservant une défense compacte et se montrant impressionnants en contre-attaque.
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Quart de finalistes
Norwegian Ridgebacks
Cette combinaison des équipes d’Oslo et de Trondheim à jouée exceptionnellement bien. Les Ridgebacks ont prouvé leur habileté pour faire écran comme pour se faufiler entre les joueurs, et même si leur physique n’était pas une menace pour la plupart des équipes qu’ils ont affrontées, leur agilité et leur opportunisme se sont montrés au-delà de ceux de beaucoup de leur adversaires. Leurs deux principaux gardiens, Kai Haugen Shaw et Amund Kulsrud Storruste, étaient tous deux incroyablement rapides pour fendre la défense des poursuiveurs les moins expérimentés, par leur simple aptitude à esquiver la majorité des personnes sur leur chemin.  Ils avaient également un très bon attrapeur, en la personne de Jørgen Helgeland Stenløkk, et Anders Kulsrud Storruste était excellent pour mettre la pression sur les batteurs adverses.
The Spartans
Arrivés en quart de finale pour perdre le match contre leurs compatriotes, les Spartans ont terminé le tournoi avec seulement deux défaites : contre les médaillés d’or et contre les médaillés d’argent. Leurs attaques étaient puissantes, mais leur défense avait tendance à être désorganisée, voire décousue face à des adversaires plus assurés. Jacob Vogts et Tom Challinor se sont montrés comme de prestes porteurs de souafles et parmi les noms que l’on retiendra en dehors du jeu de souafle, il y a Fiona Howat, une attrapeuse dont on aura souvent fait l’éloge cette saison, et le duo de batteurs,  Ben Pooley et Jacopo Sartori. Pooley qui ont su conserver la possession des deux cognards contre des batteurs Quercs agressifs, et Satori, qui débute dans le quidditch cette saison, a été un batteur d’exception et il méritera qu’on lui prête attention.
Nains de Nîmes
(Remerciements aux Belgian Blackbeards pour leur analyse)
Même si je n’ai pas réussi à les voir jouer, les rapports des Belgian Blackbeards ont qualifié le jeu des Nains de Nîmes comme basé plus sur la vitesse que la force, ce qui impliquait que leur défense laissait à désirer, mais beaucoup d’équipes n’arrivaient pas à répondre à leurs assauts rapides. Le jeu de leurs batteurs consistait à harceler les batteurs ennemis afin de les empêcher d’interférer librement avec le reste de la partie, et ils avaient tendance à défendre plus haut sur le terrain que l’on pourrait attendre de batteurs débutants et prudents. Leur seule batteuse, Fleur Monnier, a tout spécialement impressionné ses adversaires par sa précision et son habilité. C’est une autre équipe qui a bénéficié de la présence de deux joueurs des Paris Frog, donc je suis curieuse de savoir comment l’équipe va se débrouiller sans ces renforts. Leur athlétisme et leur endurance étaient mis en avant de par leur jeu sans relâche, malgré le fait d’avoir une équipe très réduite, donc j’espère qu’ils pourront rapidement recruter. Il faut aussi mentionner la gentillesse dont ils ont fait preuve envers toutes les équipes, en leur donnant des cartes de bonne fortune et priant pour leur bien être avant les matchs.
Toulouse Quidditch
Les hôtes de ce tournoi ont réussi la prouesse de prendre le temps, malgré toutes leurs obligations, de se donner et de se qualifier pour les quarts de finale. Mais dans le tournoi, ils ont montré les mêmes qualités que beaucoup d’autres équipes avec peu d’expérience en compétition. Le jeu des batteurs était plutôt simple et la défense peinait, bien que l’équipe soit plutôt à l’aise en attaque. L’équipe a probablement eu de la chance de battre les Belgian Blackbeard, en gagnant sur une courte période de jeu, grâce à un vif d’or attrapé en off-pitch alors que le vif d’or ne faisait pas attention. Ceci étant dit, Toulouse a un très bon gardien en la personne de Yohan Riquet, et si l’équipe pouvait ne plus dépendre de sa force et présenter une ligne de poursuiveurs plus cohésive et un jeu d’équipe plus profond, Riquet pourrait devenir le moteur d’une équipe forte, au lieu de devoir jouer le héro qui court toujours.
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Le meilleur du reste
Les nouveaux venus sur la scène du quidditch international, les Madrid Lynx et les Nightmare Grims, ont joué exactement comme on l’attend d’une équipe avec beaucoup d’enthousiasme mais peu d’expérience : avec un naturel mépris des règles. On dit que les deux équipes ont beaucoup progressé lors du tournoi, et j’ai remarqué que Madrid commençait à montrer une défense de zone impressionnante ; Nacho del Amo est un atout particulièrement important de son équipe. Si les Grims voulaient progresser dans le quidditch catalan, il leur faudrait se concentrer sur le jeu de leurs batteurs, mais les deux équipes ont le potentiel de grandir pour devenir de vraies menaces pour les Barcelona Eagles. Nantes Quidditch a montré un très bon potentiel, en tout particulier le batteur David Chenard et le gardien Fabien Butcher. Mais l’équipe a besoin de travailler les bases pour faire monter leur jeu d’un niveau, surtout les passes sûres et rapides. Les Rouen Skrewts ont paru désorganisés au niveau du jeu des poursuiveurs, ils ont pu faire d’excellentes actions qui se sont retrouvées gâchées avec des tirs de longues distances dans la panique. Mais s’ils font plus attention à leur placement, ils auront le potentiel pour beaucoup s’améliorer car certains de leurs joueurs sont vraiment sportifs. Les Lilles Black Snitches dépendaient beaucoup de leurs recrues des Paris Frog qui ont représenté la majorité de leurs batteurs. Comme Nantes, ils gagneraient à avoir un jeu du souafle plus net, en particulier à avoir un jeu de passes plus sûr. Ceci étant dit, leur défense était admirable et leur attrapeur, Vincent Bedou, joue très bien.
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Organisation du tournoi
Il y a eu quelques failles dans le déroulement du tournoi, de manière plus évidente, la décision d’organiser les roulements des arbitres principaux et des vif d’or sur place au lieu de le faire à l’avance. Ceci a causé beaucoup de retard, avec les arbitres principaux qui courraient pour chercher leurs assistants et des vifs d’or qui étaient parfois affectés sur un match en plein milieu de celui-ci. En conséquence, la qualité des vifs d’or a énormément varié d’un match à l’autre. Trois vifs d’or méritent une mention spéciale pour leur jeu : Chema Hidalgo López (Barcelona Eagles), Denis Plog (Paris Titans) and Antoine Coudoux (Rouen Skrewts). Plog, avec l’aide d’un attrapeur qui le défendait, a fait durer le match de la médaille de bronze pendant plus d’une heure et demi, et n’a été attrapé qu’après avoir reçu l’handicap ultime. Coudoux a fait de belles performances en tant que vif d’or et a fait emploi de sa grande taille, de son agilité et de sa rapidité pour mettre les attrapeurs devant un défi particulièrement frustrant, et  López a tenu au respect de très bons attrapeurs pendant la finale.
Une autre remarque à faire concerne la politique sur les joueurs mercenaires. Bien que ce tournoi n’ai pas été un tournoi officiel de la Fédération du Quidditch Français (FQF), la présence de joueurs mercenaires au sein d’équipes non-mercenaires était particulièrement gênante. L’exemple le plus probant a été celui de Lille Black Snitches, au sein de laquelle sept joueurs étaient mercenaires pour seulement six joueurs officiels Lillois. Quelques mercenaires ont également pu changer d’équipe au cours du tournoi une fois leur première équipe éliminée ; Lyon a ainsi récupéré quelques mercenaires pour parer au départ de certains de leur joueurs juste avant le match pour la troisième place du podium.
Hospitalité
Bien que l’hospitalité soit souvent un point de détail dans les discussions sur les tournois, il me semble qu’il faut faire une mention spéciale pour ce tournoi-là. Les organisateurs sont allés très loin dans l’organisation de l’accueil des joueurs, en particulier lors de le soirée du samedi, où des repas ont été servis à plus de 200 personnes, et avec le fait d’avoir de la nourriture et des boissons chaudes toujours disponibles pendant le tournoi. L’hôtel avait été très bien choisi et facile d’organisation pour les joueurs. Et j’ai été très impressionnée d’une manière générale par la disponibilité et le dévouement des organisateurs, qui ont tenu à organiser un événement qui soit une expérience agréable, jusqu’au moindre détail.
Photos par photographie31320
Article traduit par la FQF
L’article est disponible en version originale sur :

 

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