Photo de Baptiste Julien Blandet - ©Malicia Photo

Interview | Découvrez le portrait de Baptiste Julien Blandet

Baptiste Julien Blandet a accepté de répondre à nos questions, notamment sur son parcours et cette année achevée.

Quidditch.fr : Peux-tu te présenter ?
Baptiste Julien Blandet : Ca tombe bien, je viens de me perfectionner dans l’elevator pitch (rires). “Bonjour. Je m’appelle Baptiste Julien Blandet. Mon métier ? Ecrire et faire écrire des contenus en économie pour des sites Internet : macroéonomie, finances personnelles et management. Je suis régulièrement amener à gérer des projets éditoriaux pour de nouveaux sites et aussi former à la prise de parole par l’écrit, ou à l’oral, sur un blog et les réseaux sociaux. Par le passé, j’ai rédigé des articles dans les colonnes de Challenges, Le Nouvel Obs, Le Monde, puis dirigé la chaîne internet Finance de Linternaute.com et coordonné la rédaction de sites internet dédiés à la gestion de patrimoine.

Nivernais avec quelques touches irlandaises, j’ai été un étudiant qui a eu la bougeotte : Dijon, Strasbourg et Aix-en-Provence. Puis je me suis posé à Paris au début 2000, avant de m’installer à Rennes en avril dernier.

Je suis musicien à mes heures perdues (dan bau… du monocorde vietnamien, trompette et depuis peu djembé). Quand j’étais à Paris, j’ai eu l’occasion de faire quelques concerts, notamment à la Foire de Paris ou à l’Hôtel de Ville de Paris. Dans mes autres hobbies, j’adore taroter à l’occasion ou faire du VTT (depuis 12 ans, je parcours la France et l’Europe chaque été, ou presque, pendant deux à trois semaines en vrai baroudeur). Il m’arrive aussi de courir des semi-marathon. Et dans un tout autre registre, je brasse ma bière ou apprécié de partager une bonne bouteille de Bourgogne. Mais ce qui m’anime le plus ce sont les activités associatives. Ma première expérience a été de co-présider le foyer socio-éducatif de mon collège, j’avais alors 11 ans. C’est ce qui m’a donné le goût du don de soi pour les autres. Et depuis, je m’investis régulièrement dans des associations en tant que bénévole ou dirigeant. »

Tu as postulé au poste de Président de la Fédération du Quidditch Français, quelles étaient tes motivations ?
Je suis observateur du développement du quidditch depuis 2013, grâce aux Phoenix, puis les Titans et Sonics Brooms qui sont venus faire des initiations et démonstrations pendant trois ans de suite, quand j’habitais Charenton (Paris) et présidais le jumelage anglais de la ville. L’été 2015, j’ai été triste de ce que j’ai lu et vu sur les réseaux sociaux au moment du titre européen de l’Équipe de France en 2015. Alors que c’était une super nouvelle car cette performance permettait d’attirer plein de monde et de booster le développement de ce sport mixte. Et quand j’ai vu, quelques jours après, la démission du bureau de la Fédération, je me suis dit que c’était trop bête qu’un aussi beau projet se délite comme ça en raison de nombreux défauts d’organisation et d’humeurs tempétueuses. Aussi, j’ai proposé de donner un coup de main pour aider à mieux préparer les projets et qu’ils aboutissent… En retour, on m’a suggéré de me présenter à la présidence. J’ai compris que je pouvais apporter plus qu’une aide. Alors j’ai remonté l’histoire de la FQF pour comprendre ce qui avait posé souci et je me suis présenté sur la base des constats sur les échecs et réussites passés, afin de porter aussi haut que possible le développement de la Fédération et du quidditch. Et je suis très content des résultats réalisés.

Tu as pu à de nombreuses occasions être vif d’or, pourquoi ce rôle ?
Excellente question ! Au départ, c’était pour m’amuser, sachant que je ne pouvais pas occuper un autre poste sur le terrain parce que je désirai rester neutre vis-à-vis de toute équipe et aussi parce que j’ai des genoux fragiles. Un mauvais plaquage peut avoir raison d’eux. Et puis, j’ai eu des sollicitations pour qu’on me voit sur un terrain, des joueurs estimant anormal qu’on puisse être dans le quidditch, sans faire de quidditch. C’est pour eux quelque chose d’inconcevable. Je ne partage pas cet avis, mais en faisant vif d’or, ils m’ont un peu plus toléré.

Que retiens-tu de cette année 2016 ?
Il y a beaucoup de choses qui se bousculent dans ma tête avec cette question, tant elle a été riche en évènement. Alors ce que je retiens… Le plaisir de voir émerger de nouvelles équipes et d’avoir une Fédération en capacité de les accompagner. De 9 équipes, il y a un an, nous en sommes à 20, 14 ont participé à la Coupe de France du 11 au 13 novembre dernier. Le bonheur d’avoir quatre équipes d’un Collège qui se soient affiliées. C’était important pour l’établissement mais aussi pour nous. La satisfaction de voir le quidditch entrer dans une autre dimension : on nous demande des formations pour animer des ateliers quidditch dans les centres de loisirs, on nous sollicite pour du prêt de matériel, on nous invite à participer à des projets d’envergure.
Au niveau des temps forts, je retiens la Coupe de France à Toulouse, premier grand rendez-vous attendu et organisé par le bureau. Puis celle de cette saison à Nantes, qui a été aussi un grand temps fort, plus compliqué à réaliser. Le mois du Quidditch dans le cadre de l’Euro2016 en juin : avoir été sélectionné par le Ministère des Sports est une grande satisfaction. Mes déplacements à Bruxelles, Strasbourg, Rouen (deux fois), Nantes (trois fois) Oxford, Toulouse (trois fois), Gallipoli, Angers, Epinal, Lille, Paris, Nancy… Et surtout, toutes les rencontres que cela m’a permis de faire à chaque fois. Petit clin d’œil à l’association UnMaillotPourLaVie, à la Belgique…

Comment vois-tu le quidditch dans 15 ans ?
C’est loin… J’aimerai me dire que dans 15 ans, le quidditch sera suivi par des milliers de fans, que nous aurons plus d’une centaine d’équipes à la fois de plus de 16 ans et de moins de 16 ans et que les premières sections de sport-études dédiées au quidditch commenceront à recruter. Bref, qu’il soit sport de référence, et pas seulement vu comme le sport d’Harry Potter, mais comme un sport sorti de l’imaginaire devenu une réalité à l’avant-garde d’une société. Ceci sera le cas dans de nombreux pays. En France, j’ai un doute. Je crains un effet de mode, et que d’ici à quatre ans, ce soit quelque chose du passé et moins un sport en vogue. Peu de club se prépare à se pérenniser leur existence, à mettre en place une bonne répartition des rôles. Le titre européen est magnifique mais la communauté du quidditch français n’en a pas envie, ne veut pas le valoriser. Le défi des prochains mois est pour tordre le cou à cela, en obtenant la reconnaissance ministérielle de la Fédération par exemple. Il faut aussi arriver à ce que les individualités, la couverture à soi, nuisent moins.

Pourquoi le quidditch plait-il ?
Quand j’ai appris l’existence de ce sport, en 2013 donc, et j’ai trouvé cela génial. J’étais curieux de voir ce que cela donnait et quand j’ai vu, j’ai été perplexe. Mais j’ai appris à regarder le quidditch autrement que le foot ou le basket. Avec ces sports, on s’attache à une action. Là, c’est vivant, pas une seconde de répit. Il y a une action avec chaque ballon. On ne s’ennuie pas, et ça devient extrêmement captivant. En présidant la Fédération, j’ai eu à apprécier encore plus ce sport très complet, riche de plein de valeurs nobles que l’on ne retrouve pas assez en dehors des terrains. C’est un sport ouvert, tolérant et collectif. C’est trop souvent l’inverse dès qu’un match se termine et encore plus dans la société. Les projets pédagogiques qui se montent dans les écoles, les collèges et les lycées viennent puiser dans ces valeurs et en soi un très belle satisfaction.

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